I Quelle analyse pour ce sujet ?
Il s'agit d'une suite de texte. Les limites sont clairement posées ("En commençant juste après cette réplique").
Il s'agit d'imaginer une "autre" suite que ce que propose le texte, dans lequel Pierre ne parle pas.
Le sujet est précisé "Pierre raconte à Gaston ce qu'il vient de vivre".
Aucun des éléments apportés par l'élève ne peut donc entrer en contradiction avec le récit de Tournier.
Il s'agira donc de faire dire à Pierre dans son dialogue avec Gaston, les mêmes choses, mais différemment.
Les formes du discours à employer sont précisées elles aussi : "un dialogue et des passages narratifs". On en déduira donc qu'il fallait imaginer un dialogue de Gaston interrompu de temps à temps par un passage narratif, consacré par exemple à une description de la route ou à une réaction d'un des deux personnages.
Comme dans toute suite de texte, il fallait être cohérent avec le style employé par Tournier, familier dans le dialogue, soutenu dans le récit.
II Les réactions à chaud du professeur
D'un côté, ce sujet est rassurant car il résout le problème des élèves en mal d'imagination. D'autre part, l'abondance des contraintes imposées au candidat exige une rigueur dans l'analyse du sujet qui peut déconcerter certains candidats qui n'ont pas l'habitude de bien lire les consignes.
III Un traitement possible du sujet
1. L'amorce de la confidence :
La première réplique, ne doit pas entrer en contradiction violente avec le silence de Pierre.
Exemple :
- T'es bien silencieux d'un coup. Tu dis rien ? finit par s'étonner Gaston.
- Non, j'ai pas envie d'parler, tu sais.
- Allez, raconte, c'est pas bon de tout garder pour soi. A quoi tu penses ?
- J'ai vu quelque chose sur l'aire d'autoroute qui m'a fait une drôle d'impression, pendant que tu briquais la cabine.
2. Une interruption peut favoriser l'amorce de la confidence.
Exemple :
Pierre avait la gorge serrée, et Gaston, à sa voix, se rendait bien compte que Pierre était submergé par l'émotion. Ils avaient souvent roulé ensemble et se connaissaient bien. Ils se comprenaient sans se parler. Cependant Gaston sentait que Pierre souffrait. Depuis quelque temps le métier lui pesait.
3. Le récit dialogué et la confidence qui va se faire peu à peu :
- Si tu veux pas me raconter, je peux comprendre... T'en as marre de la route, pas vrai ?
- Ben, pendant que tu nettoyais la cabine...
4. Nouvelle interruption du dialogue qui reprend les éléments du texte :
Tout en parlant, Pierre revoyait la jeune fille assise sur l'herbe...
5. Reprise du dialogue qui peut se terminer par des propos de Gaston, destinés à consoler Pierre.
IV Les fausses pistes
Le danger était de ne pas prendre en compte l'intégralité des contraintes imposées par le sujet.
D'autre part, le langage pouvait être familier, mais ne devait pas tomber dans la vulgarité.