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L’importance de la mention au bac soulevée par la Cour des Comptes
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L’importance de la mention au bac soulevée par la Cour des Comptes

Publié par Corinne Dillenseger
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Coût de fonctionnement trop élevé, performances trop faibles : les lycées français font les frais du dernier rapport de la Cour des Comptes. Dans leur analyse, les Sages n’hésitent pas à remettre en cause le format du bac et la définition d’un bon lycée où le poids de la mention devient le véritable enjeu. Une vision de la situation largement partagée par France-examen : seul éditeur à avoir publié un palmarès des lycées basé sur le taux de mention au bac !

Les lycées français coûtent cher. Trop, comparés à ceux de l’OCDE et de l’Union européenne où les résultats qualitatifs sont meilleurs qu’en France. C’est le constat du rapport de la Cour des comptes présenté mardi dernier.

Un lycée peu efficace

Le coût moyen d’un lycéen français est 38% plus élevé que celui de ses camarades de l’OCDE. Certes, près de 80% des jeunes d’une classe d’âge ont aujourd’hui le bac, mais les performances des lauréats après le lycée restent moyennes. « Seuls 26,3% des étudiants de la cohorte 2009 ont réussi une licence en trois ans » note la Cour des Comptes. Et seuls 40% des titulaires d’un bac pro ont eu un accès rapide à un emploi permanent (enquête génération 2010, CEREQ).

Pour les Sages, plusieurs raisons expliquent cette différence de coûts :

  • des heures de cours trop élevées : 1108 heures en moyenne contre 950 en Angleterre par exemple,
  • des semaines d’enseignement trop courtes : 36 semaines « mais en réalité souvent beaucoup moins du fait de la perte de deux à trois semaines en fin d’année due à l’organisation du bac »,
  • des profs bridés par des « obligations réglementaires de service trop faibles » : 648 heures par an en France pour un titulaire du CAPES, 718 en Allemagne,
  • des matières optionnelles ou facultatives rassemblant peu d’élèves par enseignant, et donc plus chères que les disciplines obligatoires : de l’ordre de 1 500 euros à 3 000 euros par an et par élève pour les langues régionales soit le double des matières du socle commun,
  • un réseau de lycées trop dense, composé d’un nombre important de petits établissements en particulier dans la voie professionnelle et dans le secteur privé, avec des coûts d’enseignement et d’encadrement plus élevés.

La faute au bac ?

Le rapport de la Cour des Comptes pointe aussi le poids important du bac, sa complexité, son lien entre formation et contrôle : toute matière enseignée dans un lycée est évaluée. Pour les Sages, cet examen encourage le maintien d’une offre très diversifiée et donc trop coûteuse. A titre d’exemple, à la session 2013 du bac général, sur les 58 langues vivantes pouvant être passées à l’examen, 20 ont été choisies par moins de 50 élèves. Ce fut le cas pour le danois (13 candidats), le swahili (6 candidats) et l’estonien (1 candidat). Sur le coût d’organisation du bac, la Cour des comptes se montre plus prudente, ne s’avançant pas à publier un chiffre mais préférant faire référence à une autre étude : un rapport de l’Inspection générale datant de 2011. Celui-ci évaluait le coût du bac entre 90 et 100 millions d’euros par an, 80 euros par candidat à la session 2013. Des estimations qui ne comprennent ni le salaire des enseignants participant à l’examen, ni la perte des cours dans les lycées servant de centres d’examen.

L’enjeu de la mention au bac souligné par les Sages

Pour les magistrats, le bac a largement perdu sa vocation première : garantir une poursuite d’études vers l’enseignement supérieur, les meilleurs élèves intégrant les classes préparatoires, les grandes écoles et les filières sélectives. Aujourd’hui, avec un taux de réussite à l’examen de 88% et avec les trois quarts d’une classe d’âge titulaires du bac, l’examen a perdu sa « valeur certificative ».

Par ailleurs, avec la procédure d’admission post-bac (APB), tout semble déjà joué à la fin du deuxième trimestre, voire déjà en classe de première… L’enjeu pour les familles se déplace de plus en plus vers l’obtention d’une mention, « un outil de sélection à part entière pour accéder aux filières post-bac les plus prestigieuses », comme le fait remarquer France-examen à travers son palmarès des lycées basé sur le taux de mention par séries du bac.

De là à penser qu’un "bon" lycée ne se mesure plus aux taux de réussite au bac, mais au parcours après le bac, il n’y a qu’un pas. Or, constatent les Sages « cette mission reste implicite » trop écrasé par le poids du passage de l’examen. D’où leur recommandation : « simplifier le format du bac ». Un message qui tombe au moment-même où la ministre de l’Education nationale vient d’annoncer la réforme du… brevet, le premier examen de la vie d’un élève n’ayant aucune valeur dans son orientation future.

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