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Annales gratuites Bac L : L'expérience est-elle la seule source de nos connaissances ?

Le sujet  1995 - Bac L - Philosophie - Dissertation Imprimer le sujet
LE SUJET

L'expérience est-elle la seule source de nos connaissances ?

LE CORRIGÉ

I - QUELLE ANALYSE POUR CE SUJET ?

C'est un sujet classique sur la question de l'origine de nos connaissances.

Toute connaissance vient-elle de l'expérience, c'est-à-dire, au fond, de nos sens, ou y a-t-il une autre source indépendante de l'expérience ?

Bref, il s'agit de bien poser la problématique de l'opposition entre tenants de l'empirisme et tenants du rationalisme dans le domaine de la connaissance.

Noter enfin la nécessité d'envisager à un moment la notion d'expérience au sens restreint d'expérimentation.


II - UNE DEMARCHE POSSIBLE.

A - L'EXPERIENCE SOURCE UNIQUE ET ULTIME DE NOS CONNAISSANCES.

Toute nos connaissances proviennent de l'expérience. C'est le principe fondamental de l'empirisme.

Tout savoir a son origine dans la sensibilité, les idées sont des abstractions élaborées à partir de la matière sensible, des impressions des sens.

Une idée est une sensation affaiblie. C'est Hume qui pousse les conséquences de l'empirisme avec plus de force : si l'expérience est la seule source de connaissance, alors aucune connaissance apodictique, c'est-à-dire universelle et nécessaire, n'est possible.

La connexion causale, la relation de cause à effet, n'est qu'une croyance, un acte de foi qui résulte de l'accoutumance.

Pourtant les mathématiques ne sont- elles pas un bon exemple de connaissances a priori, c'est-à-dire ne relevant pas de l'expérience ?


B - TOUTE CONNAISSANCE NE PROVIENT PAS DE L'EXPERIENCE.

Il y a des connaissances rationnelles indépendantes de l'expérience.

On songe, bien entendu, aux connaissances pures dont les disciplines mathématiques fournissent un bon exemple de connaissance rationnelle indépendante de l'expérience.

C'est le point de vue des rationalistes pour qui toute connaissance a son origine dans l'expérience sauf celles qui procèdent de l'entendement, c'est-à-dire de la raison.

De plus, si on envisage l'expérience au sens restreint et précis d'expérimentation scientifique, on s'aperçoit que l'expérience n'est pas une donnée brute, mais le résultat d'une élaboration rationnelle.

Ainsi il est quelque peu abusif de considérer l'expérimentation comme une source de connaissance puisqu'elle est davantage un moyen de vérifier, ou plus exactement de contrôler, la validité d'une hypothèse théorique.

Ceci nous conduit à poser la question plus générale du rôle de la raison dans la constitution de l'expérience.


C - LA RAISON CONSTITUTIVE DE L'EXPERIENCE ?

C'est dépasser l'opposition terme à terme de l'empirisme et du rationalisme que d'envisager l'expérience comme conditionnée par l'entendement.

Ainsi toute expérience suppose un certain nombre de règles que le sujet impose à l'avance au donné d'expérience. Ce sont ces déterminations préalables qui donnent à certaines connaissances le statut de loi et permettent de surmonter les objections de l'empirisme et du scepticisme.

Donc, il n'y a de causalité, de connaissance causale que dans la mesure où l'expérience est a priori ordonnée par l'entendement.


III - LES REFERENCES UTILES.

HUME, Traité de la nature humaine (début) Enquête sur l'entendement humain (chap. 7)

KANT, Critique de la raison pure (seconde préface)

BACHELARD, Le nouvel esprit scientifique

LEIBNIZ, Nouveaux essais (3 premiers chapitres)


IV - LES FAUSSES PISTES.

L'erreur de base : ne pas voir qu'il est question de la source, c'est-à-dire de l'origine de nos connaissances, et pas seulement de l'expérience comme simple moyen de connaissance.

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