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Pourquoi un nouveau lycée ?

La décision de réformer le lycée d’enseignement général et technologique est née d’un constat : si 66 % d’une classe d’âge obtient aujourd’hui le baccalauréat (contre seulement 26 % il y a 30 ans), 50 000 jeunes sortent chaque année du lycée sans diplôme et 1 bachelier sur 2 échoue en première année à l’université.

Ce bilan contrasté a amené Luc Chatel, alors ministre de l’Éducation nationale, à proposer en 2009 une réforme en profondeur du lycée. Son objectif : mieux accompagner tous les élèves vers la réussite.


Les mesures-phares de la réforme

Vaste et ambitieuse, la réforme peut être résumée en 7 mesures-phares qui visent toutes les classes des séries générales et technologiques.

L’orientation progressive

Dès l’entrée en seconde les élèves sont amenés à réfléchir à leur avenir. Des enseignements d’exploration leur permettent de tester leurs goûts et aptitudes pour des disciplines présentes dans les différentes séries du bac général ou technologique.

La spécialisation débute en classe de 1ère avec des enseignements spécifiques à chaque série. Leur volume horaire reste volontairement limité au profit d’enseignements communs à toutes les séries pour permettre, à ceux qui le souhaitent, de changer d’orientation sans trop de difficulté en cours ou en fin d’année.

En terminale, la spécialisation est renforcée avec davantage d’enseignements spécifiques visant à bien préparer les futurs bacheliers à la poursuite d’études.

L’orientation réversible

Grâce à la spécialisation progressive et à la mise en place d’un tronc commun d’enseignements en 2nde et en 1ère, il est désormais possible de changer de voie ou de série. Un dispositif d’accompagnement est prévu à cet effet à travers la création de stages passerelles permettant d’acquérir rapidement le niveau requis pour entrer dans une nouvelle série.

L’accompagnement des élèves

Face aux questions de l’orientation, les élèves ne sont plus seuls. Ils disposent de 2 h par semaine tout au long de leurs études au lycée pour parler de leur projet professionnel, se poser les bonnes questions et progresser dans les disciplines maîtresses de leur série. Cet accompagnement personnalisé peut être doublé d’un dispositif de tutorat dès la classe de 2nde. Dans ce cas, l’élève volontaire est suivi par le même enseignant tout au long de sa scolarité au lycée.

Autre possibilité : des stages de remise à niveau peuvent être proposés par le conseil de classe pour permettre aux élèves en difficulté de rattraper leur retard et éviter ainsi un redoublement.

La modernisation des séries

Moderniser et rééquilibrer les séries et les voies est l’un des enjeux sensibles de la réforme. Comment ramener les bons élèves des disciplines littéraires et des sciences humaines vers les séries L et ES ? Comment favoriser la poursuite d’études après un bac techno ? Pour apporter une réponse à ces questions, plusieurs mesures ont été prises dont les effets se font sentir dès la classe de 1ère.

Concernant la voie générale, les efforts ont été particulièrement menés sur les séries ES et L afin de les transformer en filières d’excellence, au même titre que la série S. La série littéraire est désormais tournée vers l’international et la série économique et sociale traite davantage des grands enjeux du monde moderne.

La réforme sera plus longue à mettre en place pour la voie technologique. A ce jour, seules 3 séries (STL, STI2D, STD2A) sont entièrement rénovées. Les deux autres (STMG, ST2S) sont en cours de réforme, avec application des nouveaux programmes en 1ère à la rentrée 2012. La voie technologique est censée apporter des compétences technologiques polyvalentes pour offrir un maximum de débouchés vers l’enseignement supérieur et répondre aux nouveaux défis technologiques et industriels grâce à des programmes remis au goût du jour.

La maîtrise des langues vivantes

Les Français ont bien souvent été montrés du doigt pour leur piètre maîtrise des langues étrangères. Il est donc tout à fait normal de retrouver cette préoccupation dans la réforme du lycée. Plusieurs axes de travail ont été définis :

  • La langue vivante 2 devient obligatoire en classe de 2nde et rejoint la liste des enseignements communs ;
  • Des groupes de niveau, appelés groupes de compétences, sont formés pour permettre aux élèves d’évoluer à leur rythme ;
  • L’horaire dédié à l’enseignement de la LV1 et de la LV2 est globalisé pour faciliter la formation des groupes de compétences ;
  • Dès que cela est possible, des disciplines traditionnelles sont enseignées en langue étrangère ;
  • La série L encourage l’apprentissage d’une 3e langue et propose une approche culturelle de cette discipline par le biais d’un enseignement de littérature étrangère en langue étrangère ;
  • Pour les nouvelles séries technologiques, 1 h d’enseignement technologique par semaine est dispensée dans la langue vivante 1 de l’élève ;
  • Enfin, tous les lycées doivent nouer au moins un partenariat avec un établissement étranger afin de faciliter les échanges entre élèves des deux pays et l’organisation de séjours linguistiques.

Les niveaux de compétence en langue

Comme au collège, le programme en langues vivantes du lycée vise à amener, chaque année, les élèves vers un niveau de maîtrise supérieur, tel que défini par le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR).

Il existe 6 niveaux de compétence répartis selon trois profils d’apprenant.

L’utilisateur élémentaire :

  • A1 : niveau « découverte ». C’est celui visé à la fin de l’école élémentaire.
  • A2 : niveau « intermédiaire ». C’est le niveau attendu pour l’attribution du Diplôme national du brevet.

L’utilisateur indépendant :

  • B1 : niveau « seuil ». A la fin de la scolarité obligatoire, l’élève doit avoir atteint ce niveau en LV1.
  • B2 : niveau « avancé ». Il s’agit du niveau requis au baccalauréat.

L’utilisateur expérimenté :

  • C1 : niveau « autonome ». Il s’agit du niveau requis au baccalauréat pour l’enseignement renforcé en langue tel qu’il est pratiqué dans les sections européennes par exemple.
  • C2 : niveau « maîtrise ». Ce niveau dépasse celui visé au cours de la scolarité au lycée.

L’accès à la culture

Pour gommer les inégalités et participer à la création d’une culture générale commune à tous les élèves, la réforme prévoit des mesures visant à faire entrer la culture au lycée. Chaque établissement doit nommer un référent culture parmi les membres de l’équipe éducative. Charge à lui d’animer la vie culturelle de l’établissement en nouant des partenariats avec des structures extérieures.

Plusieurs fois par mois, des films sont projetés dans l’enceinte du lycée et sont suivis d’un débat. Les lycéens participent au choix de la programmation et à l’animation. Ils peuvent consulter les films disponibles sur le site officiel www.cinelycee.fr et voter pour celui de leur choix.

La responsabilisation des élèves

Participer à la vie lycéenne est fortement encouragé par la réforme :

  • modernisation des textes concernant les formes d’expression offertes aux élèves (journal du lycée, associations, etc.),
  • formation accrue des délégués lycéens, des ressources pour mener ces engagements (guide de l’engagement au lycée, guide de l’élu lycéen, kit de création du journal du lycée)
  • redéfinition du rôle et des missions du conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL).

Le calendrier d’application de la reforme

La réforme du lycée bouleverse en profondeur les programmes, horaires et épreuves du bac. Pour cette raison, sa mise en place est échelonnée sur 4 années scolaires :

  • 2010/2011 : réforme de la classe de 2nde générale et technologique.
  • 2011/2012 : réforme des classes de 1ère de la voie générale (S, ES et L) et d’une partie de la voie technologique (STL rénovée, remplacement de la série STI par les séries STI2D et STD2A) avec mise en place des nouvelles épreuves anticipées du bac en juin 2011.
  • 2012/2013 : réforme des classes de 1ère technologique STG et ST2S et des classes de terminale pour les autres séries (S, ES, L, STL, STI2D, STD2A) avec mise en place des nouvelles épreuves terminales du bac en juin 2013.
  • 2013/2014 : réforme des classes de terminale STG et ST2S et mise en place des nouvelles épreuves terminales du bac pour ces deux séries en juin 2014.